Ta dernière séance du mois se termine. Les virements sont tombés, ton compte pro affiche un joli solde, et pendant quelques secondes tu as l’impression d’avoir fait un très bon mois.
Puis tu repenses au loyer du cabinet, au logiciel, aux tests que tu n’as pas fini de payer, à l’URSSAF, à la CARPIMKO, à la CFE, à l’impôt… Et la vraie question arrive : sur tout ce que j’ai encaissé, combien est vraiment à moi ?
Le système te montre très bien ce que tu encaisses, et beaucoup moins bien ce que tu gagnes.
Commençons par le vocabulaire, parce que c’est là que tout se mélange. Le mot « charges » désigne grosso modo deux choses : tes charges professionnelles, c’est-à-dire le cabinet, le matériel et les logiciels, et tes charges sociales, l’URSSAF et la CARPIMKO.
On va rentrer dans le détail de chacune dans ce guide.
Exemple sur un chiffre d’affaires de 60 000 €
- Chiffre d’affaires encaissé
- 60 000 €
- Frais professionnels
- − 15 000 €
- Cotisations sociales
- − 11 243 €
- Impôt sur le revenu *
- − 3 521 €
- Il te reste
- 30 236 €
* Impôt calculé pour 1 part fiscale, célibataire sans enfant. Avec un conjoint ou des enfants, ce montant change.
Au sommaire
Que tu sois remplaçante, collaboratrice ou titulaire, tu t’es forcément posé la question : combien va-t-il réellement me rester à la fin du mois ?
Parce qu’entre le chiffre d’affaires affiché sur ton compte et ce que tu peux vraiment dépenser, il y a parfois un sacré écart. Et chez une orthophoniste, une bonne partie de cet écart se joue dans ton agenda : une séance annulée te fait perdre de l’argent, mais le loyer du cabinet, lui, tombe quand même.
Les charges professionnelles selon ton mode d’exercice
Une remplaçante, une collaboratrice et une titulaire peuvent assurer les mêmes séances sans avoir du tout le même revenu à la fin du mois. Elles ne supportent ni les mêmes charges, ni les mêmes risques.
Si tu es orthophoniste remplaçante
Le remplacement est souvent la porte d’entrée du libéral. Tu suis les patients d’une orthophoniste installée, qui encaisse les honoraires et te reverse ta part : c’est la rétrocession. Le pourcentage et ce qu’il couvre se fixent dans le contrat.
Pas de cabinet à financer, peu de charges fixes. Mais tu gardes tes propres frais : ta RCP, ta comptabilité, ton URSSAF, ta CARPIMKO, etc.
Si tu es collaboratrice
Tu développes ta propre patientèle au sein du cabinet d’une titulaire. Tu encaisses tes honoraires et tu lui verses une redevance pour les locaux et les moyens mis à disposition, au forfait ou en pourcentage de ton chiffre d’affaires.
Au début, elle paraît raisonnable. Puis ton agenda se remplit et, si la redevance est en pourcentage, elle grimpe avec toi. C’est souvent à ce moment-là qu’une question apparaît : est-ce que je ne gagnerais pas davantage en développant mon propre cabinet ?
Si tu es titulaire
Plus de redevance à payer. En échange, tout le reste est pour toi :
- le cabinet : loyer, charges, ménage ;
- le matériel de bilan et de rééducation ;
- le logiciel et le lecteur de carte Vitale ;
- la comptabilité ;
- etc.
Si une collaboratrice travaille avec toi, sa redevance couvre une partie de ces frais. Si tu partages un cabinet de groupe, c’est souvent une SCM qui les porte, et tu en paies ta quote-part.
Si tu as aussi un poste salarié
Beaucoup d’orthophonistes combinent cabinet et poste en structure. Ton salaire ne paie pas de cotisations URSSAF ni CARPIMKO sur ton activité libérale, mais il s’additionne à ton bénéfice pour l’impôt. Résultat : chaque euro gagné au cabinet est imposé plus haut que si tu n’avais que le libéral.
Deux orthophonistes à 60 000 € de recettes ne gagnent pas la même chose si l’une loue seule un cabinet en centre-ville et l’autre partage ses frais dans une maison de santé.
Et ton compte pro n’aide pas : il peut afficher une belle somme alors qu’une partie de cet argent est déjà destinée à l’URSSAF, à la CARPIMKO ou à l’impôt.
La vraie question n’est donc pas seulement « combien je facture ? », mais plutôt : « combien je peux me verser chaque mois sans me mettre en difficulté plus tard ? »
Le salaire d’une orthophoniste libérale, ou plutôt son revenu réel
En libéral, tu n’as pas de salaire. Le virement de ton compte pro vers ton compte perso ne dit rien de ce que ton activité t’a rapporté. Ce qui compte, c’est ton revenu réel : ce qu’il te reste après les frais, les cotisations et l’impôt.
La différence avec un salaire, c’est que personne ne met les charges de côté pour toi. Ton compte ne fait pas la différence entre ton argent et celui qui attend la prochaine régularisation URSSAF ou CARPIMKO.
Derrière le mot « charges », il y a en réalité plusieurs choses très différentes. Elles ne se calculent pas de la même façon et ne tombent pas au même moment. C’est souvent là qu’on commence à s’y perdre.
Les frais professionnels
Ce sont toutes les dépenses nécessaires pour faire tourner ton activité : le cabinet, le matériel de bilan et de rééducation, les tests, les logiciels, les assurances…
Si tu es au régime réel, ces dépenses sont déductibles : elles diminuent ton bénéfice, à condition qu’elles soient justifiées et liées à ton activité.
Concrètement, 1 € dépensé ne te fait pas « gagner » 1 €. Mais il réduit le bénéfice sur lequel seront calculés une partie de tes cotisations et ton impôt.
Ce sont aussi les charges sur lesquelles tu as le plus de contrôle : tu peux souvent choisir de les engager, de les limiter ou de les différer. Un nouveau test peut attendre l’année prochaine, ton loyer non.
Les cotisations sociales
Ce sont l’URSSAF et la CARPIMKO. Elles financent :
- ta protection maladie et tes indemnités journalières ;
- ta retraite, de base et complémentaire ;
- ta prévoyance en cas d’invalidité ou de décès.
Tu ne les choisis pas : leur montant dépend directement de ton revenu. Depuis la réforme de l’assiette sociale, elles se calculent sur ton bénéfice avant cotisations, après un abattement forfaitaire de 26 %.
En savoir plus sur la réforme de l’assiette sociale : le décret du 5 juillet 2024, sur Légifrance.
Et l’impôt dans tout ça ?
L’impôt n’est pas une charge professionnelle. Tes charges réduisent ton bénéfice. L’impôt, lui, se calcule ensuite sur ce que tu as gagné.
Et surtout, il ne dépend pas uniquement de ton cabinet. Plusieurs choses peuvent fortement changer la note :
- ton nombre de parts ;
- les revenus de ton conjoint ;
- ton salaire, si tu as aussi un poste en structure ;
- tes autres revenus.
À chiffre d’affaires égal, la note dépend donc autant de ton foyer fiscal que de ton agenda. On l’intègre quand même dans ce guide pour une raison simple : au final, lui aussi sort de ton compte.
La cotisation foncière des entreprises
La CFE, c’est un peu la taxe qu’on oublie volontiers… jusqu’au jour où l’avis arrive.
Et elle te concerne même si ton cabinet est chez toi, et même si tu es remplaçante : elle est alors due au cabinet où tu as le plus remplacé dans l’année.
Son montant dépend de ta commune et de ton local, donc impossible de te donner un chiffre valable pour tout le monde. Le seul vrai montant, c’est celui inscrit sur ton avis.
Bonne nouvelle quand même : l’année où tu crées ton activité, tu en es exonérée. Après, elle revient chaque année, et la première facture arrive donc en deuxième année, au moment où tu ne l’attends plus. Au moins, elle est déductible de ton bénéfice.
Dans quel ordre tout ça s’empile
Tu encaisses ton chiffre d’affaires. Tu retires tes frais professionnels : il te reste ton bénéfice avant cotisations.
C’est de ce bénéfice, et jamais de ton chiffre d’affaires, que tout le reste part.
- Chiffre d’affaires encaisséTes honoraires encaissés sur l’année, entièrement conventionnés.
- 60 000 €
- −Frais professionnels14 600 € de frais professionnels et 400 € de CFE.
- 15 000 €
- =Bénéfice avant cotisationsCe qu’il reste une fois les frais payés. Tes cotisations se calculent sur ce montant, après un abattement de 26 % : 33 300 €.
- 45 000 €
- −Cotisations sociales, URSSAF et CARPIMKO3 517 € d’URSSAF et 7 726 € de CARPIMKO. 10 277 € sont déductibles de ton revenu imposable.
- 11 243 €
- −Impôt sur le revenuCalculé sur ton BNC de 34 723 €, pour 1 part fiscale, célibataire sans enfant. Sur ta vraie déclaration, tu déduis les cotisations payées dans l’année, pas celles que ton activité a générées : ton BNC peut donc s’écarter de ce montant. Avec un conjoint ou des enfants, l’impôt change aussi.
- 3 521 €
- =Revenu réelSoit 2 520 € par mois : ce que ton activité te laisse vraiment.
- 30 236 €
Tes cotisations se calculent sur ce bénéfice diminué de 26 % : c’est ton assiette sociale. Cet abattement ne sert qu’aux cotisations.
Ton impôt, lui, se calcule sur ce bénéfice diminué de tes cotisations, presque toutes déductibles : c’est ce que ta déclaration appelle ton BNC.
C’est l’une des questions qu’on me pose le plus. La règle tient en une phrase : un frais professionnel est déductible s’il sert ton activité et si tu peux le prouver. Le compte qui a payé n’y change rien : payer avec ta carte pro ne rend pas une dépense déductible, et payer avec ta carte perso ne l’en empêche pas.
Charges fixes ou variables : pourquoi la différence compte
Sépare tes charges en deux familles :
- les charges fixes tombent tous les mois, que tu aies fait cent séances ou aucune : le loyer, les assurances, le logiciel, les échéances d’emprunt ;
- les charges variables suivent ton activité : plus ton agenda est plein, plus elles montent, et elles s’arrêtent quand tu t’arrêtes.
Ce n’est pas un classement de comptable. C’est ce qui dit ce que te coûte une semaine de vacances ou un arrêt : les fixes continuent, les variables non. Et chez une orthophoniste, les fixes pèsent lourd. Chaque poste ci-dessous porte son étiquette : fixe, variable, les deux, ou ponctuel quand la dépense se décide au coup par coup, comme un test ou une formation.
Le cabinetFixe
C’est souvent ton premier poste de dépenses : loyer, charges locatives, électricité, chauffage, eau, ménage. Si ton cabinet est chez toi, seule la quote-part réellement affectée à l’activité est déductible.
Les travaux d’aménagement ne se déduisent pas d’un coup : ils s’amortissent sur plusieurs années.
La SCM du cabinet de groupeFixe
Si tu exerces dans un cabinet de groupe ou une maison de santé, les frais communs passent souvent par une société civile de moyens : loyer, secrétariat, ménage, matériel partagé. Ce que tu lui verses pour couvrir ces frais se déduit, réparti sur ta déclaration selon leur nature. En revanche, ton apport au capital de la SCM et tes avances en compte courant ne sont pas des charges.
Attention au double compte : une dépense payée par la SCM ne se déduit pas une seconde fois chez toi.
L’empruntFixe
Si tu as emprunté pour ton installation, ton matériel ou une patientèle, la mensualité qui part chaque mois n’est pas déductible en entier, loin de là. Seuls les intérêts le sont, avec l’assurance de l’emprunt. Le capital que tu rembourses n’est pas une charge : tu rembourses une dette, ton activité ne s’appauvrit pas.
Ce que tu as acheté avec se déduit autrement, par l’amortissement : un peu chaque année. Une patientèle, elle, ne s’amortit pas. On y revient dans les questions en bas de page.
Les tests et le matériel de bilanPonctuelle
Batteries de tests, étalonnages, mallettes d’évaluation, mais aussi mobilier, ordinateur ou tablette du cabinet. Ce sont des achats que tu décides, souvent chers, et que tu peux étaler dans le temps.
Au-delà de 500 € HT, le bien ne se déduit pas en une fois : il s’amortit sur plusieurs années. Un test à plusieurs centaines d’euros se retrouve donc dans ton bénéfice par morceaux, pas l’année où tu l’as payé.
Le matériel de rééducation et les fournituresVariable
Jeux, livres, cahiers d’exercices, imprimés, fournitures de bureau, petit matériel. Rien de compliqué ici, tout passe.
C’est aussi le poste qu’on oublie le plus, parce qu’il se paie par petites sommes, souvent avec la carte perso, dans une librairie ou un magasin de jouets.
Les logiciels, abonnements et servicesFixe
Logiciel de facturation et de télétransmission, lecteur de carte Vitale, agenda en ligne, abonnements à des outils de rééducation, téléphone et internet. Si la ligne sert aussi au perso, tu ne déduis que la part professionnelle.
Earny suit la même règle : ton abonnement se déduit comme tes autres logiciels.
La voitureFixe et variable
Si tu te déplaces au domicile de certains patients, dans une école ou un établissement, ta voiture devient un frais professionnel. Pour la déduire, tu as le choix entre deux méthodes, et ce choix vaut pour l’année entière :
- le barème kilométrique, qui couvre déjà carburant, entretien, assurance et dépréciation ;
- les frais réels, où tu déduis chaque dépense sur justificatif.
Le trajet entre ton domicile et ton cabinet compte aussi, dans la limite de 40 kilomètres : au-delà, tu dois justifier que l’éloignement est normal. Le stationnement et les péages se déduisent sur justificatif.
Les assurances et cotisations professionnellesFixe
Responsabilité civile professionnelle, obligatoire pour exercer en libéral, multirisque du cabinet, protection juridique. Une cotisation syndicale est déductible aussi.
Pas de cotisation ordinale en revanche : les orthophonistes n’ont pas d’Ordre.
La prévoyance, la mutuelle et le PERFixe
Tes contrats de prévoyance et de mutuelle souscrits comme indépendante, dits Madelin, et tes versements sur un PER se déduisent de ton revenu imposable, dans une limite qui dépend de ton bénéfice.
Ce sont des charges à part : tu les choisis, et l’argent du PER reste le tien. Elles font baisser ton impôt, pas tes cotisations : depuis la réforme de l’assiette sociale, l’URSSAF et la CARPIMKO ne les déduisent plus.
Et pour une orthophoniste, la prévoyance n’est pas un luxe : un arrêt, c’est un agenda vide et un loyer qui continue.
La comptabilitéFixe
Les honoraires de ton expert-comptable, ta cotisation à une association agréée et les conseils juridiques que tu paies pour ton activité sont déductibles. Ils tombent chaque année, quel que soit ton nombre de séances.
Les frais bancairesFixe et variable
La tenue de ton compte professionnel et la location du terminal de paiement sont fixes. Les commissions prélevées sur chaque paiement par carte, elles, suivent ton activité. Tout se déduit, au prorata de l’usage professionnel si le compte est mixte.
La formationPonctuelle
Inscription, transport, hébergement et repas sur place. Une formation se déduit dès lors que le lien avec ton activité est réel, qu’elle entre ou non dans ton DPC. Les livres et les revues professionnelles aussi.
Les repasVariable
Quand tu déjeunes au cabinet ou à l’extérieur entre deux séances, seul le surcoût par rapport à un repas pris chez toi est déductible.
En 2026 : valeur du repas à domicile 5,50 €, plafond 21,40 €, donc 15,90 € de déduction maximale par repas.
Ce surcoût n’est admis que si la distance t’empêche de rentrer manger chez toi. Si ton cabinet est à dix minutes de ton domicile, il n’y a rien à déduire.
Les redevances et rétrocessionsVariable
Ce que tu verses et ce que tu reçois ne se traitent pas pareil, et c’est là que beaucoup se trompent :
- la redevance de collaboration que tu verses à une titulaire est une charge déductible ;
- la rétrocession que tu verses à ta remplaçante n’est pas une charge : elle se déduit directement de ton chiffre d’affaires ;
- tout ce que tu reçois, rétrocession comme redevance, est une recette.
Sur ton relevé, les trois ressemblent à un simple virement. La différence ne change pas ce qu’il te reste, mais elle change ta déclaration.
Et tes cotisations URSSAF et CARPIMKO ? Elles se déduisent aussi, sauf la CRDS et une part de la CSG. Mais elles ne se choisissent pas : on les détaille juste après.
Tout ce qui précède suppose que tu es au régime réel. En micro-BNC, tu ne déduis aucune de ces dépenses : un abattement forfaitaire de 34 % tient lieu de tous tes frais.
La question n’est donc pas « lequel est le moins cher » mais « mes charges réelles dépassent-elles l’abattement ». Chez une orthophoniste sans voiture ni gros loyer, la réponse n’est pas évidente du tout, et elle mérite d’être vérifiée. Le point de bascule n’est pas là où l’intuition le place, parce que les cotisations sociales entrent dans la comparaison au même titre que les frais.
Deux caisses, deux logiques :
- l’URSSAF couvre ta maladie et tes indemnités journalières, et prélève la CSG-CRDS ;
- la CARPIMKO couvre ta retraite, ta prévoyance et ton allocation vieillesse.
Saisis ton bénéfice avant cotisations : chaque ligne se recalcule.
Ton URSSAF, ligne par ligne
- Maladie-maternité33,30 €1 %Ta couverture maladie et maternité. En conventionné, la CPAM en paie l’essentiel : il ne te reste que 0,10 % de ton assiette.
- Allocations familiales0 €0 %Nulle en dessous de 1,1 PASS, puis progressive. C’est la ligne qui apparaît quand tu montes en activité.
- CSG-CRDS3 230,10 €92 %Contribution sociale généralisée et remboursement de la dette sociale. Elle n’ouvre aucun droit : tu ne récupères rien en échange.
- Indemnités journalières99,90 €3 %Finance tes indemnités en cas d’arrêt de travail. Sans elle, un arrêt te coûte l’intégralité de ton revenu.
- Formation (CFP)120,15 €3 %Contribution à la formation professionnelle. Forfaitaire : le même montant que tu fasses 30 000 € ou 100 000 €.
- CURPS33,30 €1 %Contribution à ton Union régionale des professionnels de santé.
CSG-CRDS représente 92 % de ta cotisation URSSAF.
Ta CARPIMKO, ligne par ligne
- Retraite de base3 529,80 €46 %Le socle de ta retraite, proportionnel à ton revenu, en deux tranches.
- Retraite complémentaire2 897,10 €37 %S’ajoute à la base et pèse presque aussi lourd. C’est elle qui fait, sauf à très haut revenu, de la CARPIMKO ton premier poste de cotisation.
- Invalidité-décès1 022 €13 %Te couvre en cas d’invalidité et protège tes proches. Forfaitaire : tu la paies même une année creuse.
- Allocation vieillesse (ASV)277,28 €4 %Régime des praticiens conventionnés, financé en partie par l’Assurance maladie.
Retraite de base représente 46 % de ta cotisation CARPIMKO.
Pourquoi tes cotisations sont si dures à prévoir ?
Chaque mois d’activité génère des cotisations : ce que ton bénéfice de l’année finira par te coûter, ligne par ligne. Mais l’URSSAF et la CARPIMKO ne le connaissent pas encore. Elles t’appellent sur une base plus ancienne : des forfaits tes deux premières années, puis ton revenu d’il y a un ou deux ans.
Tant que ton activité monte, ce qu’on t’appelle reste en dessous de ce que tu génères. L’écart ne disparaît pas : il s’accumule en silence, puis il t’est réclamé d’un coup, en régularisation, en plus des cotisations courantes. C’est le piège de l’année 3, et il n’a rien à voir avec une mauvaise gestion.
L’inverse existe aussi. Quand ta patientèle part en vacances l’été, ou pendant un arrêt, tes recettes chutent, mais tes prélèvements continuent sur ton revenu passé : tu as alors l’impression que ton activité « coûte énormément de charges ». Tu paies en partie ce que tu as généré avant.
Il n’y a aucune astuce contre ça, parce que ce n’est pas une anomalie : c’est le fonctionnement normal du système. La seule protection, c’est de mettre de côté dès le premier mois ce que ton activité génère, et non ce qu’on te demande.
Provisionner le vrai montant, dès le premier moisEarny calcule chaque mois tes cotisations générées, pas seulement celles qu’on t’appelle.
Ce qui fait varier tes cotisations sociales
Les deux cartes ci-dessus valent pour une orthophoniste :
- conventionnée ;
- installée depuis plus de deux ans ;
- au régime réel ;
- en métropole.
Change une de ces conditions et les montants bougent, parfois beaucoup.
Le conventionnement
Comme orthophoniste conventionnée, tu relèves du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés, le PAMC. Concrètement, pour ta couverture maladie, tu dépends de l’Assurance maladie et pas de la Sécurité sociale des indépendants.
Sur tes honoraires conventionnés, la CPAM prend en charge l’essentiel de ta cotisation maladie : ton reste à charge est plafonné à 0,10 %. C’est la contrepartie des tarifs que tu acceptes en signant la convention.
Tout ce qui sort de la convention perd cet avantage. Les dépassements d’honoraires et l’activité non conventionnée paient la cotisation maladie au taux plein, majoré d’une contribution additionnelle : la même ligne coûte alors plusieurs dizaines de fois plus cher. Et si ton activité est mixte, chaque euro doit être rangé du bon côté.
Le conventionnement joue aussi sur ta retraite. L’allocation vieillesse de la CARPIMKO, l’ASV, n’existe que pour l’activité conventionnée, et l’Assurance maladie en finance la plus grande part. Le reste de tes cotisations, allocations familiales, CSG-CRDS, retraite de base et complémentaire, ne dépend pas de ton statut.
L’ACRE
Si tu la demandes dans les 60 jours qui suivent ton installation, l’ACRE réduit une partie de tes cotisations pendant tes douze premiers mois. Pour une installation depuis 2026, la réduction porte sur un quart des lignes concernées, et elle s’efface progressivement au-delà d’un certain revenu. Pour une installation antérieure, l’exonération était totale sous ce seuil.
Elle ne se confond pas avec la prise en charge de la CPAM : les deux se cumulent, sur des lignes différentes. Et au treizième mois, tout revient au tarif normal, sans prévenir.
Ton niveau de revenu
Plusieurs lignes ont un plancher et un plafond, exprimés en fractions du plafond de la Sécurité sociale. En dessous du plancher, tu paies un forfait même sur un petit revenu ; au-dessus du plafond, la cotisation cesse de monter. Les allocations familiales, elles, sont nulles sur les petits revenus puis montent par paliers. Et toutes ces bornes bougent chaque 1er janvier.
Le micro-BNC
Au micro-BNC, tes cotisations ne partent pas de ton bénéfice réel : elles se calculent sur tes recettes après l’abattement forfaitaire de 34 %, comme ton impôt. Si tes frais réels sont plus bas que cet abattement, tu cotises moins. S’ils sont plus élevés, tu cotises sur de l’argent que tu n’as pas gardé.
Un exercice dans les DROM
Si tu exerces en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion, à Saint-Martin ou à Saint-Barthélemy, tes cotisations URSSAF sont allégées. Une grande partie en est exonérée pendant tes vingt-quatre premiers mois. Ensuite, la part de ton revenu qui reste sous le plafond de la Sécurité sociale est réduite de trois quarts jusqu’à ta quatrième année civile, puis de moitié.
La CARPIMKO, elle, ne change pas d’un euro. Mayotte suit un régime à part.
Tes arrêts de travail
Depuis 2025, tes indemnités journalières entrent dans la base de tes cotisations, celles de la CPAM comme celles d’un contrat Madelin, maternité comprise. Elles y entrent après le même abattement que ton bénéfice.
Ton poste salarié
Si tu as aussi un poste en structure, ton salaire cotise de son côté, sur ta fiche de paie. Il ne change rien à tes cotisations URSSAF et CARPIMKO, qui ne regardent que ton bénéfice libéral.
Aucune orthophoniste ne tient ça de tête, et aucun tableur ne le tient à jour. C’est exactement le travail qu’Earny fait à ta place, tous les mois, sur ton activité réelle.
Tu l’as vu tout au long de ce guide : la réponse dépend de ta situation à toi. Elle bouge avec :
- ton mode d’exercice ;
- ton conventionnement ;
- ton année d’installation ;
- ton régime fiscal ;
- ton foyer fiscal ;
- ton éventuel poste salarié.
Deux orthophonistes au même chiffre d’affaires n’ont pas la même somme à mettre de côté. Un pourcentage entendu entre deux séances ne peut pas être le tien.
Et avancer au doigt mouillé coûte dans les deux sens. Si tu mets trop de côté, tu immobilises de l’argent qui pourrait travailler, ou te payer. Si tu n’en mets pas assez, le rattrapage tombe, et il faut le rembourser.
N’oublie pas non plus les dépenses irrégulières du cabinet : un nouveau test, l’assurance annuelle, la CFE, le renouvellement de l’ordinateur. Un ordinateur peut décider un lundi matin de ne plus démarrer, la veille d’une série de bilans.
C’est là que le piège se referme. Pour rembourser, tu ajoutes des séances. En travaillant plus, tu génères plus de cotisations et plus d’impôt. Le rattrapage suivant est plus gros, et il faut travailler encore plus. Un cercle vicieux, et on peut y entrer dès la troisième année.

Earny casse ce cercle par le calcul. Chaque mois, sur ton activité réelle et ta situation à toi : ce que tu génères en cotisations et en impôt, ce que tu peux te verser sans risque, et ce qu’il te reste à optimiser. De ta rémunération jusqu’à ton optimisation, sans doigt mouillé.
Voir ce que mon activité me laisse vraimentTa situation, pas une moyenne.
Arrête de deviner ce que tu dois mettre de côté
Earny lit ton relevé bancaire, classe tes dépenses et calcule chaque mois ce que tu dois vraiment provisionner. Pas ce qu’on t’appelle.
Les montants de ce guide sont calculés avec les paramètres réglementaires 2026 sur les profils décrits, à titre indicatif. Ils ne constituent ni un conseil fiscal ni un document officiel. Les sommes réellement appelées par l’URSSAF et la CARPIMKO dépendent de ta situation, de ta date d’installation, de ta part d’activité conventionnée et de ton éventuelle exonération de début d’activité.

