Tu viens de t’installer, ou tu y penses sérieusement. Les premiers virements arrivent sur le compte pro, et tu n’as aucune idée de ce qui va en repartir.
C’est une des questions qui revient le plus souvent lorsque je discute avec des jeunes kinés : combien il me reste, vraiment, à la fin ?
La réponse courte : un peu moins de la moitié de ce que tu encaisses. Sauf que cette estimation au doigt mouillé ne vaut pas grand-chose.
Si tu étais salarié et qu’on te disait « ton salaire, ce sera à peu près ça », tu l’accepterais ? Non. Alors pourquoi accepter ce flou sur ton propre revenu, juste parce que tu exerces en libéral ?
Commençons par le vocabulaire, parce que c’est là que tout se mélange. Le mot « charges » désigne grosso modo deux choses : tes charges professionnelles, c’est-à-dire le cabinet, le matériel et les déplacements, et tes charges sociales, l’URSSAF et la CARPIMKO.
On va rentrer plus en détail dans le découpage complet de tes charges dans ce guide.
Exemple sur un chiffre d’affaires de 85 000 €
- Chiffre d’affaires encaissé
- 85 000 €
- Frais professionnels
- − 22 600 €
- Cotisations sociales
- − 15 062 €
- Impôt sur le revenu *
- − 7 707 €
- Il te reste
- 39 631 €
* Impôt calculé pour 1 part fiscale, célibataire sans enfant. Avec un conjoint ou des enfants, ce montant change.
Au sommaire
Si tu veux t’installer en libéral, ou si tu exerces déjà comme remplaçant, assistant ou collaborateur, tu t’es forcément posé la question : combien va-t-il réellement me rester à la fin du mois ?
Parce qu’entre le chiffre d’affaires affiché sur ton compte et ce que tu peux vraiment dépenser, il y a parfois un sacré écart.
URSSAF, CARPIMKO, redevance, loyer, matériel, sans compter l’impôt… Tes charges peuvent peser lourd. Et surtout, elles changent énormément selon ton mode d’exercice.
Les charges professionnelles selon ton mode d’exercice
Un remplaçant, un collaborateur et un titulaire peuvent réaliser le même chiffre d’affaires sans avoir du tout le même revenu à la fin du mois.
La raison est simple : ils ne supportent pas les mêmes charges, ni les mêmes risques.
Si tu es kiné remplaçant
Le remplacement est souvent le moyen le plus simple de débuter en libéral.
Tu n’as pas de cabinet à financer, peu de matériel à acheter et quasiment aucune charge fixe liée aux locaux. En revanche, tu reverses une partie de tes honoraires au titulaire sous forme de rétrocession.
À cela s’ajoutent tes propres frais : déplacements, assurance, comptabilité, téléphone, formations…
Tu limites donc les risques et les dépenses au démarrage. Mais en contrepartie, tu ne construis pas encore vraiment ton propre outil de travail.
Si tu es assistant ou collaborateur
En tant qu’assistant ou collaborateur, tes charges restent généralement plus faibles que celles d’un titulaire.
Tu profites d’un cabinet déjà installé, du matériel et parfois de certains services communs. Tu évites donc de supporter seul le loyer, les travaux ou les investissements importants.
Mais il y a une contrepartie : la redevance versée au titulaire.
Au début, elle peut sembler raisonnable. Puis ton agenda se remplit, ton chiffre d’affaires augmente… et tu réalises que plusieurs milliers d’euros peuvent repartir chaque mois dans cette redevance.
C’est souvent à ce moment-là qu’une question apparaît : est-ce que je ne gagnerais pas davantage avec mon propre cabinet ?
Si tu es kiné titulaire
Quand tu deviens titulaire, les charges augmentent clairement.
Tu dois payer le loyer ou le crédit, l’électricité, le matériel, les logiciels, le ménage, l’entretien et parfois les travaux. Cette fois, c’est toi qui assumes directement les frais du cabinet.
Mais la logique change aussi. Tu ne paies plus simplement pour exercer dans la structure de quelqu’un d’autre : tu développes la tienne.
Si des assistants ou collaborateurs travaillent avec toi, leurs redevances peuvent couvrir une partie importante des charges du cabinet. Et si tu achètes tes locaux, une partie de tes mensualités sert aussi à rembourser du capital, donc à construire progressivement ton patrimoine.
Tes charges sont plus élevées, mais tu as aussi beaucoup plus de leviers pour augmenter la rentabilité de ton activité.
Le plus important n’est pas ton chiffre d’affaires
Un kiné qui réalise 10 000 € de chiffre d’affaires par mois ne gagne pas 10 000 €. Cela paraît évident, et pourtant c’est une erreur fréquente au début.
Ton compte professionnel peut afficher une belle somme alors qu’une partie de cet argent est déjà destinée à l’URSSAF, à la CARPIMKO, aux impôts ou à tes prochaines dépenses.
Et c’est souvent là que les mauvaises surprises arrivent : tu as l’impression d’avoir de l’argent disponible, tu augmentes tes dépenses… puis une régularisation tombe quelques mois plus tard.
La vraie question n’est donc pas seulement « combien je facture ? », mais plutôt : « combien je peux me verser chaque mois sans me mettre en difficulté plus tard ? »
Maxime fait 10 800 € dans le mois et croit avoir gagné 10 800 €
Mars est son meilleur mois depuis l’installation : 10 800 € encaissés.
Fier de son mois, il se verse 5 000 € sur son compte perso et réserve un week-end à New York dans la foulée.
Puis arrivent le loyer du cabinet, la CARPIMKO, les cotisations et l’impôt. À son rythme d’activité, sur ces 10 800 €, environ 4 795 € étaient réellement à lui. Les 5 000 € passaient tout juste. Le week-end, lui, est venu en plus.
Son chiffre d’affaires n’avait jamais été son salaire.
Avec Earny : Maxime aurait vu la différence entre son chiffre d’affaires et son revenu réel le mois même. Au lieu de se demander « combien j’ai encaissé ? », il aurait su combien il pouvait se verser.
Le salaire d’un kiné libéral, ou plutôt son revenu réel
En libéral, tu n’as pas vraiment de salaire. Ce qui compte, c’est ton revenu réel : ce qu’il te reste après les charges, les cotisations et l’impôt.
Deux kinés peuvent faire le même chiffre d’affaires et finir avec un revenu très différent.
La différence avec un salaire, c’est que personne ne met les charges de côté pour toi. Tu encaisses aujourd’hui, mais l’URSSAF, la CARPIMKO ou les impôts peuvent tomber plusieurs mois plus tard.
Calculer sur mon chiffre d’affairesGratuit, sans compte.
Derrière le mot « charges », il y a en réalité plusieurs choses très différentes. Elles ne se calculent pas de la même façon et ne tombent pas au même moment. C’est souvent là que les jeunes kinés commencent à s’y perdre.
Les frais professionnels
Ce sont toutes les dépenses nécessaires pour faire tourner ton activité : loyer, matériel, consommables, assurances, logiciels, déplacements…
Si tu es au régime réel, ces dépenses sont déductibles : elles diminuent ton bénéfice, à condition qu’elles soient justifiées et liées à ton activité.
Concrètement, 1 € dépensé ne te fait pas « gagner » 1 €. Mais il réduit le bénéfice sur lequel seront calculés une partie de tes cotisations et ton impôt.
Ce sont aussi les charges sur lesquelles tu as le plus de contrôle : tu peux souvent choisir de les engager, de les limiter ou de les différer.
Les cotisations sociales
Ce sont l’URSSAF et la CARPIMKO. Elles financent notamment ta protection maladie, tes indemnités journalières, ta retraite et ta prévoyance.
Tu ne les choisis pas : leur montant dépend directement de ton revenu.
Depuis la réforme de l’assiette sociale, elles se calculent sur ton bénéfice avant cotisations, après un abattement forfaitaire de 26 %.
En savoir plus sur la réforme de l’assiette sociale : le décret du 5 juillet 2024, sur Légifrance.
Et l’impôt dans tout ça ?
L’impôt n’est pas une charge professionnelle. Tes charges réduisent ton bénéfice. L’impôt, lui, se calcule ensuite sur ce que tu as gagné.
Et surtout, il ne dépend pas uniquement de ton activité de kiné. Ton nombre de parts, les revenus de ton conjoint ou tes autres revenus peuvent fortement changer la note.
À chiffre d’affaires égal, la note dépend donc autant de ton foyer fiscal que de ton activité.
On l’intègre quand même dans ce guide pour une raison simple : au final, lui aussi sort de ton compte.
La cotisation foncière des entreprises
La CFE, c’est un peu la taxe qu’on oublie volontiers… jusqu’au jour où l’avis arrive.
Son montant dépend de ta commune et de ton local, donc impossible de te donner un chiffre valable pour tout le monde. Le seul vrai montant, c’est celui inscrit sur ton avis.
Bonne nouvelle quand même : l’année où tu crées ton activité, tu en es exonéré.
Après, elle revient chaque année, et la première facture arrive donc en deuxième année, au moment où tu ne l’attends plus. Au moins, elle est déductible de ton bénéfice.
Dans quel ordre tout ça s’empile
Tu encaisses ton chiffre d’affaires. Tu retires tes frais professionnels : il te reste ton bénéfice avant cotisations.
C’est de ce bénéfice, et jamais de ton chiffre d’affaires, que tout le reste part.
- Chiffre d’affaires encaisséTes honoraires encaissés sur l’année, entièrement conventionnés.
- 85 000 €
- −Frais professionnels22 000 € de frais professionnels et 600 € de CFE.
- 22 600 €
- =Bénéfice avant cotisationsCe qu’il reste une fois les frais payés. Tes cotisations se calculent sur ce montant, après un abattement de 26 % : 46 176 €.
- 62 400 €
- −Cotisations sociales, URSSAF et CARPIMKO4 830 € d’URSSAF et 10 232 € de CARPIMKO. 13 723 € sont déductibles de ton revenu imposable.
- 15 062 €
- −Impôt sur le revenuCalculé sur ton BNC de 48 677 €, pour 1 part fiscale, célibataire sans enfant. Sur ta vraie déclaration, tu déduis les cotisations payées dans l’année, pas celles que ton activité a générées : ton BNC peut donc s’écarter de ce montant. Avec un conjoint ou des enfants, l’impôt change aussi.
- 7 707 €
- =Revenu réelSoit 3 303 € par mois : ce que ton activité te laisse vraiment.
- 39 631 €
Tes cotisations se calculent sur ce bénéfice diminué de 26 % : c’est ton assiette sociale. Cet abattement ne sert qu’aux cotisations.
Ton impôt, lui, se calcule sur ce bénéfice diminué de tes cotisations, presque toutes déductibles : c’est ce que ta déclaration appelle ton BNC.
C’est l’une des questions qu’on me pose le plus. La règle tient en une phrase : un frais professionnel est déductible s’il sert ton activité et si tu peux le prouver. Le compte qui a payé n’y change rien : payer avec ta carte pro ne rend pas une dépense déductible, et payer avec ta carte perso ne l’en empêche pas.
Charges fixes ou variables : pourquoi la différence compte
Sépare tes charges en deux familles. Les charges fixes tombent tous les mois, que tu aies vu quarante patients ou aucun : le loyer, les assurances, les abonnements, les échéances d’emprunt. Les charges variables suivent ton activité : plus tu travailles, plus elles montent, et elles s’arrêtent quand tu t’arrêtes.
Certaines sont les deux à la fois. La table de massage, il t’en faut une quoi qu’il arrive : c’est du fixe. L’appareil que tu ajoutes parce que l’agenda déborde, c’est du variable. Même chose pour les consommables : un socle qu’on rachète de toute façon, et une part qui grimpe avec le nombre de patients.
Ce n’est pas un classement de comptable. C’est ce qui dit ce que te coûte une semaine de vacances ou un arrêt : les fixes continuent, les variables non. Chaque poste ci-dessous porte son étiquette : fixe, variable, les deux, ou ponctuel quand la dépense se décide au coup par coup, comme une formation.
Le cabinetFixe
Le loyer, les charges locatives, l’électricité, l’eau et le ménage. Si tu exerces chez toi, seule la quote-part réellement affectée à l’activité est déductible.
Les travaux d’aménagement ne se déduisent pas d’un coup : ils s’amortissent sur plusieurs années. Et si tu es propriétaire de tes murs et que le local figure à ton actif professionnel, la taxe foncière et les charges de copropriété entrent aussi.
La SCM du cabinet de groupeFixe
Si tu exerces dans un cabinet de groupe, les frais communs passent souvent par une société civile de moyens : loyer, secrétariat, ménage, matériel partagé. Ce que tu lui verses pour couvrir ces frais se déduit, réparti sur ta déclaration selon leur nature. En revanche, ton apport au capital de la SCM et tes avances en compte courant ne sont pas des charges.
Attention au double compte : une dépense payée par la SCM ne se déduit pas une seconde fois chez toi.
L’empruntFixe
Si tu as emprunté pour acheter tes locaux, ton matériel ou une patientèle, la mensualité qui part chaque mois n’est pas déductible en entier, loin de là. Seuls les intérêts le sont, avec l’assurance de l’emprunt. Le capital que tu rembourses n’est pas une charge : tu rembourses une dette, ton activité ne s’appauvrit pas.
Ce que tu as acheté avec se déduit autrement, par l’amortissement : un peu chaque année, pour les locaux comme pour le matériel. Une patientèle, elle, ne s’amortit pas. On y revient dans les questions en bas de page.
Concrètement, la part d’intérêts est la plus forte au début du prêt et diminue à chaque échéance. Ta déduction baisse donc d’année en année, alors que ta mensualité, elle, ne bouge pas.
Le matérielFixe et variable
Table, appareils de rééducation, mobilier, informatique. Au-delà de 500 € HT, le bien ne se déduit pas en une fois : il s’amortit sur plusieurs années.
Le matériel de base est une charge fixe : tu l’amortis chaque année, que tu l’utilises beaucoup ou peu. Celui que tu ajoutes pour agrandir la structure suit ton activité, et c’est toi qui décides du moment.
Les consommablesVariable
Crèmes, gels de massage, bandes, strapping, draps d’examen, produits d’entretien. Rien de compliqué ici, tout passe.
Un socle revient quoi qu’il arrive ; le reste suit directement le nombre de patients. C’est aussi le poste qu’on oublie le plus, parce qu’il se paie par petites sommes.
Camille oubliait ses petites dépenses professionnelles
Camille achète régulièrement des élastiques, du petit matériel, un logiciel, des fournitures pour le cabinet. 30 € ici, 80 € là.
À chaque fois, elle se dit qu’elle classera ça plus tard.
En fin d’année, près de 2 500 € de dépenses professionnelles n’ont pas été prises en compte. Elle a donc déclaré un bénéfice plus élevé que ce qu’elle avait réellement gagné.
Ce que ça lui a coûté, exactement : 1 150 €. 548 € de cotisations et 602 € d’impôt, payés sur de l’argent qu’elle n’avait pas gardé.
Avec Earny : Ses transactions auraient été regroupées et classées au fil de l’année, et les dépenses à vérifier lui auraient été signalées avant de disparaître sous six mois de relevés.
La tenue et son blanchissageVariable
Blouses, tuniques, pantalons de travail : déductibles s’ils sont propres à l’exercice et pas portables en ville.
Leur lavage aussi, même quand c’est toi qui le fais à la maison. La déduction s’évalue au tarif d’un pressing, à condition de tenir le compte des pièces lavées chaque mois. Earny tient ce compte pour toi.
Les assurances et cotisations obligatoiresFixe
Responsabilité civile professionnelle, multirisque cabinet, protection juridique. Ta cotisation à l’Ordre entre aussi dans ce bloc : elle est obligatoire, donc déductible. Une cotisation syndicale l’est également.
La prévoyance, la mutuelle et le PERFixe
Tes contrats de prévoyance et de mutuelle souscrits comme indépendant, dits Madelin, et tes versements sur un PER se déduisent de ton revenu imposable, dans une limite qui dépend de ton bénéfice.
Ce sont des charges à part : tu les choisis, et l’argent du PER reste le tien. Elles font baisser ton impôt, pas tes cotisations : depuis la réforme de l’assiette sociale, l’URSSAF et la CARPIMKO ne les déduisent plus.
Les logiciels, abonnements et servicesFixe
Logiciel de cabinet, télétransmission, télésecrétariat, outil de gestion, téléphone et internet. Si la ligne sert aussi au perso, tu ne déduis que la part professionnelle.
Earny suit la même règle : ton abonnement se déduit comme tes autres logiciels.
La comptabilitéFixe
Les honoraires de ton expert-comptable, ta cotisation à une association agréée et les conseils juridiques que tu paies pour ton activité sont déductibles. Ils tombent chaque année, quel que soit ton nombre de patients.
Les frais bancairesFixe et variable
La tenue de ton compte professionnel et la location du terminal de paiement sont fixes. Les commissions prélevées sur chaque paiement par carte, elles, suivent ton activité. Tout se déduit, au prorata de l’usage professionnel si le compte est mixte.
La formationPonctuelle
Inscription, matériel pédagogique, transport, hébergement et repas sur place. Un congrès se déduit en entier dès lors que le lien avec ton activité est réel. Les livres et les revues professionnelles aussi.
Les déplacementsVariable
Pour ta voiture, tu as le choix entre deux méthodes, et ce choix vaut pour l’année entière :
- le barème kilométrique, qui couvre déjà carburant, entretien, assurance et dépréciation ;
- les frais réels, où tu déduis chaque dépense sur justificatif.
Pour tes trajets domicile-cabinet, les frais sont admis sans justification particulière jusqu’à 40 kilomètres. Au-delà, tu dois justifier que l’éloignement est normal, sinon la déduction est proratisée sur les 40 premiers kilomètres.
Une voiture en location avec option d’achat suit la même logique : les loyers sont déductibles au prorata de l’usage professionnel. Mais tu ne peux pas les cumuler avec le barème kilométrique, qui couvre déjà la dépréciation du véhicule.
Le train, le taxi, le stationnement et les péages de tes trajets professionnels se déduisent aussi, sur justificatif.
Les repasVariable
Quand tu déjeunes seul sur ta journée de travail, seul le surcoût par rapport à un repas pris chez toi est déductible. En 2026 : valeur du repas à domicile 5,50 €, plafond 21,40 €, donc 15,90 € de déduction maximale par repas.
Ce surcoût n’est admis que si la distance t’empêche de rentrer manger chez toi. Si tu peux rentrer déjeuner entre deux séances, il n’y a rien à déduire.
Les cadeaux et frais de réceptionPonctuelle
Le déjeuner avec un confrère, le cadeau de fin d’année à un partenaire, le café offert à l’équipe : déductibles si le lien avec ton activité est réel et si tu peux le montrer. Garde la facture et note qui était là et pourquoi.
Reste mesuré. Pour une profession de santé, ces dépenses sont regardées de près, et une somme sans rapport avec ton activité sera contestée.
Les redevances et rétrocessionsVariable
Ce que tu verses et ce que tu reçois ne se traitent pas pareil, et c’est là que beaucoup se trompent.
- la redevance de collaboration que tu verses à un titulaire est une charge déductible ;
- la rétrocession que tu verses à ton remplaçant n’est pas une charge : elle se déduit directement de ton chiffre d’affaires ;
- tout ce que tu reçois, rétrocession comme redevance, est une recette.
La différence ne change pas ce qu’il te reste, mais elle change ta déclaration.
Et tes cotisations URSSAF et CARPIMKO ? Elles se déduisent aussi, sauf la CRDS et une part de la CSG. Mais elles ne se choisissent pas : on les détaille juste après.
Micro-BNC ou réel : ce que ton régime fiscal change
Tout ce qui précède suppose que tu es au régime réel. En micro-BNC, tu ne déduis aucune de ces dépenses : un abattement forfaitaire de 34 % tient lieu de tous tes frais.
La question n’est donc pas « lequel est le moins cher » mais « mes charges réelles dépassent-elles l’abattement ». Et le point de bascule n’est pas là où l’intuition le place, parce que les cotisations sociales entrent dans la comparaison au même titre que les frais de cabinet.
Deux caisses, deux logiques. L’URSSAF couvre ta maladie et tes indemnités journalières, et prélève la CSG-CRDS. La CARPIMKO couvre ta retraite, ta prévoyance et ton allocation vieillesse. Saisis ton bénéfice avant cotisations : chaque ligne se recalcule.
Ton URSSAF, ligne par ligne
- Maladie-maternité46,18 €1 %Ta couverture maladie et maternité. En conventionné, la CPAM en paie l’essentiel : il ne te reste que 0,10 % de ton assiette.
- Allocations familiales0 €0 %Nulle en dessous de 1,1 PASS, puis progressive. C’est la ligne qui apparaît quand tu montes en activité.
- CSG-CRDS4 479,07 €93 %Contribution sociale généralisée et remboursement de la dette sociale. Elle n’ouvre aucun droit : tu ne récupères rien en échange.
- Indemnités journalières138,53 €3 %Finance tes indemnités en cas d’arrêt de travail. Sans elle, un arrêt te coûte l’intégralité de ton revenu.
- Formation (CFP)120,15 €2 %Contribution à la formation professionnelle. Forfaitaire : le même montant que tu fasses 30 000 € ou 100 000 €.
- CURPS46,18 €1 %Contribution à ton Union régionale des professionnels de santé.
CSG-CRDS représente 93 % de ta cotisation URSSAF.
Ta CARPIMKO, ligne par ligne
- Retraite de base4 894,65 €48 %Le socle de ta retraite, proportionnel à ton revenu, en deux tranches.
- Retraite complémentaire4 017,31 €39 %S’ajoute à la base et pèse presque aussi lourd. C’est elle qui fait, sauf à très haut revenu, de la CARPIMKO ton premier poste de cotisation.
- Invalidité-décès1 022 €10 %Te couvre en cas d’invalidité et protège tes proches. Forfaitaire : tu la paies même une année creuse.
- Allocation vieillesse (ASV)297,88 €3 %Régime des praticiens conventionnés, financé en partie par l’Assurance maladie.
Retraite de base représente 48 % de ta cotisation CARPIMKO.
Pourquoi tes cotisations sont si dures à prévoir ?
Chaque mois d’activité génère des cotisations : ce que ton bénéfice de l’année finira par te coûter, ligne par ligne. Mais l’URSSAF et la CARPIMKO ne le connaissent pas encore. Elles t’appellent sur une base plus ancienne : des forfaits tes deux premières années, puis ton revenu d’il y a un ou deux ans.
Tant que ton activité monte, ce qu’on t’appelle reste en dessous de ce que tu génères. L’écart ne disparaît pas : il s’accumule en silence, puis il t’est réclamé d’un coup, en régularisation, en plus des cotisations courantes. C’est le piège de l’année 3, et il n’a rien à voir avec une mauvaise gestion.
Thomas et la régularisation qui tombe au pire moment
Après deux ans à enchaîner les journées de 8 h à 20 h, Thomas est épuisé. Il réserve enfin trois semaines de vacances et dépense près de 5 000 € pour partir avec sa compagne.
Quelques jours avant le départ, il reçoit une régularisation de cotisations de 8 400 €.
Son compte professionnel était bien rempli. Mais une partie de cet argent ne lui appartenait déjà plus, et il ne l’avait jamais su.
Avec Earny : Thomas aurait vu, mois après mois, les cotisations réellement générées par son activité, indépendamment de ce qu’on lui appelait. Il aurait su combien mettre de côté, et combien il pouvait vraiment mettre dans ses vacances.
Il n’y a aucune astuce contre ça, parce que ce n’est pas une anomalie : c’est le fonctionnement normal du système. La seule protection, c’est de mettre de côté dès le premier mois ce que ton activité génère, et non ce qu’on te demande.
Provisionner le vrai montant, dès le premier moisEarny calcule chaque mois tes cotisations générées, pas seulement celles qu’on t’appelle.
Ce qui fait varier tes cotisations sociales
Les deux cartes ci-dessus valent pour un kiné conventionné, installé depuis plus de deux ans, au régime réel, en métropole. Change une de ces conditions et les montants bougent, parfois beaucoup.
Le conventionnement
Comme kiné conventionné, tu relèves du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés, le PAMC. Concrètement, pour ta couverture maladie, tu dépends de l’Assurance maladie et pas de la Sécurité sociale des indépendants.
Sur tes honoraires conventionnés, la CPAM prend en charge l’essentiel de ta cotisation maladie : ton reste à charge est plafonné à 0,10 %. C’est la contrepartie des tarifs que tu acceptes en signant la convention.
Tout ce qui sort de la convention perd cet avantage. Les dépassements d’honoraires et l’activité non conventionnée, comme des séances hors nomenclature, paient la cotisation maladie au taux plein, majoré d’une contribution additionnelle : la même ligne coûte alors plusieurs dizaines de fois plus cher. Et si ton activité est mixte, chaque euro doit être rangé du bon côté.
Le conventionnement joue aussi sur ta retraite. L’allocation vieillesse de la CARPIMKO, l’ASV, n’existe que pour l’activité conventionnée, et l’Assurance maladie en finance la plus grande part. Le reste de tes cotisations, allocations familiales, CSG-CRDS, retraite de base et complémentaire, ne dépend pas de ton statut.
L’ACRE
Si tu la demandes dans les 60 jours qui suivent ton installation, l’ACRE réduit une partie de tes cotisations pendant tes douze premiers mois. Pour une installation depuis 2026, la réduction porte sur un quart des lignes concernées, et elle s’efface progressivement au-delà d’un certain revenu. Pour une installation antérieure, l’exonération était totale sous ce seuil.
Elle ne se confond pas avec la prise en charge de la CPAM : les deux se cumulent, sur des lignes différentes. Et au treizième mois, tout revient au tarif normal, sans prévenir.
Ton niveau de revenu
Plusieurs lignes ont un plancher et un plafond, exprimés en fractions du plafond de la Sécurité sociale. En dessous du plancher, tu paies un forfait même sur un petit revenu ; au-dessus du plafond, la cotisation cesse de monter. Les allocations familiales, elles, sont nulles sur les petits revenus puis montent par paliers. Et toutes ces bornes bougent chaque 1er janvier.
Le micro-BNC
Au micro-BNC, tes cotisations ne partent pas de ton bénéfice réel : elles se calculent sur tes recettes après l’abattement forfaitaire de 34 %, comme ton impôt. Si tes frais réels sont plus bas que cet abattement, tu cotises moins. S’ils sont plus élevés, tu cotises sur de l’argent que tu n’as pas gardé.
Un exercice dans les DROM
Si tu exerces en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion, à Saint-Martin ou à Saint-Barthélemy, tes cotisations URSSAF sont allégées. Une grande partie en est exonérée pendant tes vingt-quatre premiers mois. Ensuite, la part de ton revenu qui reste sous le plafond de la Sécurité sociale est réduite de trois quarts jusqu’à ta quatrième année civile, puis de moitié.
La CARPIMKO, elle, ne change pas d’un euro. Mayotte suit un régime à part.
Tes arrêts de travail
Depuis 2025, tes indemnités journalières entrent dans la base de tes cotisations, celles de la CPAM comme celles d’un contrat Madelin, maternité comprise. Elles y entrent après le même abattement que ton bénéfice.
Aucun kiné ne tient ça de tête, et aucun tableur ne le tient à jour. C’est exactement le travail qu’Earny fait à ta place, tous les mois, sur ton activité réelle.
Julien mettait 30 % de côté parce qu’un collègue lui avait dit de faire ça
À son installation, Julien demande à un collègue combien mettre de côté. « Mets 30 % de ton CA et normalement tu es tranquille. »
Pendant deux ans, il applique la règle sans savoir d’où elle sort.
Certains mois il immobilise trop. D’autres, son activité augmente tellement que les 30 % ne suffisent plus. Le pourcentage était juste pour le collègue, à son niveau de revenu, pas pour Julien.
Avec Earny : Julien n’aurait pas eu besoin d’un pourcentage générique. Earny calcule les charges réellement générées par sa propre activité, avec sa situation et ses revenus à lui.
Tu l’as vu tout au long de ce guide : la réponse dépend de ton mode d’exercice, de ton conventionnement, de ton année d’installation, de ton régime et de ton foyer fiscal. Deux kinés au même chiffre d’affaires n’ont pas la même somme à mettre de côté. Un pourcentage entendu entre deux portes ne peut pas être le tien.
Et avancer au doigt mouillé coûte dans les deux sens. Si tu mets trop de côté, tu immobilises de l’argent qui pourrait travailler, ou te payer. Si tu n’en mets pas assez, le rattrapage tombe, et il faut le rembourser.
C’est là que le piège se referme. Pour rembourser, tu travailles plus. En travaillant plus, tu génères plus de cotisations et plus d’impôt. Le rattrapage suivant est plus gros, et il faut travailler encore plus. Un cercle vicieux, et beaucoup y entrent dès la troisième année.

Earny casse ce cercle par le calcul. Chaque mois, sur ton activité réelle et ta situation à toi : ce que tu génères en cotisations et en impôt, ce que tu peux te verser sans risque, et ce qu’il te reste à optimiser. De ta rémunération jusqu’à ton optimisation, sans doigt mouillé.
Voir ce que mon activité me laisse vraimentTa situation, pas une moyenne.
Arrête de deviner ce que tu dois mettre de côté
Earny lit ton relevé bancaire, classe tes dépenses et calcule chaque mois ce que tu dois vraiment provisionner. Pas ce qu’on t’appelle.
Les montants de ce guide sont calculés avec les paramètres réglementaires 2026 sur les profils décrits, à titre indicatif. Ils ne constituent ni un conseil fiscal ni un document officiel. Les sommes réellement appelées par l’URSSAF et la CARPIMKO dépendent de ta situation, de ta date d’installation, de ta part d’activité conventionnée et de ton éventuelle exonération de début d’activité.

